Démarche artistique

Le travail musical de Gaël Tissot s’inscrit au cœur d’un monde d’expérimentation numérique, autour de l’idée de détournement créatif. Détournement de sons afin de leur donner, dans le sillon de la musique électroacoustique ou du sound-design, un sens musical et une dynamique temporelle travaillée. Détournement également de technologies et d’outils informatiques, qui font de chaque projet une œuvre d’art numérique impliquant le public (localisation GPS dans Toposonic, bases de données dans Nexploria, etc).

Cette idée de détournement est fondamentale, car elle permet de ré-enchanter le monde, de donner un nouvel éclairage étonnant, parfois presque magique, à une réalité connue. De cette pratique naît alors une conception ludique, au sens le plus noble du terme, de l’œuvre d’art : jouer avec les attentes/surprises de l’auditeur, jouer d’un instrument, se jouer des conventions… Ainsi sont pensés ses recueils de courtes pièces pour piano (Cahier d’explorations, Carnet dJe rêves), ou le travail autour du jeu vidéo d’art (Orpheus, Two Faces).

Aussi bien dans le spectacle vivant que dans les installations sonores, les œuvres de Gaël Tissot ont souvent recours au texte, dont il peut être l’auteur, ou qui peut naître d’une collaboration, notamment avec les poètes Claude Barrère ou Élodie Loustau. La complicité entre dramaturgie textuelle et musique permet alors de donner vie à des forces organisées : phénomènes de tension progressive, de mémoire, d’anamorphoses…

Jeu et sérieux, légèreté et gravité : autant d’antinomies qui invitent chacun à se découvrir sous un autre angle, à explorer en soi des zones jusqu’alors inconnues.

Biographie

Gaël Tissot a découvert la musique par l’étude du piano, avant de suivre les cours de composition du conservatoire de Toulouse dans la classe de Bertrand Dubedout en parallèle avec des études de musicologie ainsi que des cours de perfectionnement de piano avec François-Michel Rignol.

Il complète ensuite sa formation de compositeur au Centre International de Recherches Musicales de Nice, à l’université de Berkeley (États-Unis) et au Conservatoire National Supérieur de Musique de Lyon. Auteur d’une thèse sur la musique électroacoustique de François Bayle et ses rapports avec le domaine visuel, il est également l’auteur de publications musicologiques internationales.

Sa musique s’inscrit dans un mouvement artlab d’appropriation des techniques numériques dans un contexte artistique, tout en intégrant une dimension ludique propre à réunir aussi bien le musicien que l’écoutant. Il fonde dans cet esprit le collectif hapax (musique / poésie) et studio hapax (musique, interaction et jeu / réalité sonore augmentée / arts numériques).

Actif du point de vue de l’enseignement, il est chargé de cours à l’université Toulouse 2 – Jean Jaurès. Il est également directeur et enseignant à l’Espace Musical de la Digue (structure d’enseignement musical privée) où il met en pratique des pédagogies nouvelles basées sur la création.

Sa pièce D’ombre et d’équilibre (vidéo et musique électroacoustique) est lauréate du prix international 2018 de la fondation Destellos. Le second prix du concours international Mauricio Kagel (Vienne, Autriche) a été attribué à son ensemble de pièces pour piano, Cahier d’explorations. Sa musique est régulièrement jouée aussi bien en France qu’à l’étranger (ISCM World Music Days 2016, Nuits bleues, Tage für neue Musik Darmstadt, festival Occitània, université de Cologne…) par divers artistes ou ensembles (David Wegehaupt, Audrey Marchal, ensembles Proxima Centauri, ensemble junctQín…).